50 nuances de PLU

Opinions, Tendances, Territoires et Villes

19 avril 2016 at 10 h 14 min

Article rédigé par Fabienne Celdran – Directrice d’études/Responsable de l’Agence Citadia Ile-de-France

Publié en pleine trêve des confiseurs, le décret du 28 décembre 2015 relatif à la partie réglementaire du Code de l’urbanisme est venu compléter l’ordonnance du 23 septembre 2015 procédant à la recodification « à droit constant » de la partie législative du Code. Cette modernisation, qui avait pour principale ambition de permettre une plus grande intégration de l’urbanisme de projet dans le PLU, était très attendue par les professionnels de la profession.

Passée la trêve pascale, les premiers mois de mise en application du décret permettent d’établir un premier retour, aussi subjectif que partiel, de la mise en œuvre des nombreuses nouvelles possibilités offertes aux auteurs de PLU, tant en matière de conception du document qu’en matière de rédaction. Si certains l’ont d’emblée jugé insuffisamment ambitieux, le décret du 28 décembre 2015 comporte tout de même nombre d’évolutions réjouissantes qui permettront d’aller plus loin encore dans la formalisation de PLU à forte qualité ajoutée.

La suite de l’article ici

Gaming: la concertation urbaine par le jeu

Tendances, Territoires et Villes

19 janvier 2016 at 18 h 05 min

Article rédigé par Cindy Charret

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L’Agence d’urbanisme et de développement économique du pays de Lorient (Audélor) a conçu en 2011 un outil ludique, au nom évocateur : Plus belle ma ville. Ce jeu a pour objectif simple de sensibiliser le grand public aux enjeux complexes du développement durable.

Composé de quatre plateaux de bois, cette maquette, réalisée à l’échelle, représente quatre typologies de ville : une ville centre, une ville littorale, une ville périurbaine et un bourg rural.

Sur chaque plateau, les joueurs répartis en petits groupes doivent remplir des objectifs différents d’accueil d’habitants et d’emplois tout en respectant les principes d’un développement urbain durable : gaspiller le moins d’espace possible, offrir des logements diversifiés en taille, en forme, en mode d’occupation (privés, sociaux), mélanger habitat et activités, tenir compte des transports en commun, faciliter les déplacements doux, créer des espaces verts … Ils disposent pour cela de petits blocs de bois de couleur et de taille variées, de magnets pour composer le réseau routiers et les cheminements doux.

A l’issue de la réflexion en groupe les quatre plateaux sont réunis et la discussion s’engage alors sur la cohérence des choix de développement faits, dans un contexte cette fois-ci intercommunal. L’idée étant d’appréhender par l’expérience les choix que doivent opérer les élus.

Le jeu est utilisée lors d’évènements grand public (salons, semaine de l’architecture, semaine bleue…) mais aussi auprès des collèges et lycées. Il a par ailleurs été intégré au dispositif de concertation mis en œuvre dans le cadre de l’élaboration du SCoT du Pays de Lorient.

Aire Publique, filiale du groupe Citadia dédié à la concertation et la communication publique intègre depuis longtemps le jeu comme composante de la concertation : l’Homo ludens est au coeur de la concertation ! A quand le jeu de société de votre territoire par Aire Publique ?

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#Presse – CITADIA & Tool On dans le Journal des entreprises

Tendances, Territoires et Villes

13 janvier 2016 at 12 h 48 min

Le journal des entreprises de janvier 2016, édition Provence Côte d’Azur, dédie une page au groupe CITADIA et à l’initiative de la marque Tool On lancée sur la ville de Toulon par Aire Publique, filiale communication et concertation publique du groupe CITADIA et TVT Innovation (dont vous pouvez suivre l’actualité ici : www.toolon.fr) :

Cliquez sur l’image pour zoomer

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Citadia choisit Bordeaux pour expérimenter ses innovations urbaines

Inside CITADIA, Tendances

7 décembre 2015 at 15 h 24 min

Un récent article sur le site Invest In Bordeaux concernant l’ouverture de la 7ème agence du groupe Citadia sur la métropole de Bordeaux.

Vous pouvez le lire ici

les toits de bordeaux et la port de la lune à bordeaux

 

Mobycity : expérimentation du projet de plateforme des mobilités urbaines à Lyon

Tendances

2 décembre 2015 at 16 h 40 min

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A l’ère du développement de nouvelles pratiques de mobilité, l’association Fac Verte Lyon, accompagnée par l’Atelier Capacités, s’efforce de développer un nouvel outil numérique en faveur du développement des modes de déplacement alternatifs à Lyon, en partenariat avec le Syndicat Mixte des transports de l’Agglomération Lyonnaise (SYTRAL).

Destiné dans un premier temps aux étudiants, enseignants et personnels de l’Université Lyon II, Mobycité regroupera au sein d’une seule et même plateforme numérique les outils nécessaires à la mise en œuvre d’une mobilité durable et solidaire. Espaces de covoiturage, lieux d’échanges non marchands, lieux de vie associatifs, … la plateforme permettra la mise en relation des individus, des biens et des services, sans liens mercantiles.

Outil à vocation participative et citoyenne, il a pour ambition de s’étendre à l’ensemble de l’agglomération lyonnaise à l’aide d’un processus de co-construction. Soutenu par la Région Rhône-Alpes et les universités lyonnaises, le projet est actuellement en phase de financement participatif.

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Suivez et soutenez l’avancée du projet  sur : www.ateliercapacites.com

Alternatiba, dans l’ère des alternatives face au défi climatique

Nous y étions, Tendances

17 novembre 2015 at 18 h 03 min

Article rédigé par Lucy Vaseux

Le temps d’un week-end, Lyon a accueilli le « Village des alternatives » du collectif Alternatiba, qui s’est installé sur les berges du Rhône du 9 au 11 octobre 2015. L’initiative citoyenne œuvre depuis 2 ans pour une prise de conscience collective et active face au défi climatique, par le biais de événementiel.

Le rassemblement lyonnais s’est déroulé au rythme de conférences-débats, ateliers et concerts, mobilisant au total plus de 30 000 personnes sur les trois jours ! Rencontres et moments d’échanges entre associations, acteurs locaux, bénévoles et visiteurs de tous horizons étaient également au programme, autour de la sobriété énergétique, de l’éco-habitat, de la consommation responsable, … Par cet évènement placé sous le signe du partage et de la découverte, il s’agit de faire émerger des solutions concrètes de transition écologique et sociale, à la veille de la COP  21 qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre.

Alternatiba

Retrouvez les prochains rendez-vous ainsi que le Village Mondial des Alternatives, à Paris les 5 et 6 décembre 2015 pendant la COP 21 : https://alternatiba.eu

Le pôle de compétitivité Advancity va lancer “Urbanwiki”, première plateforme collaborative sur les innovations urbaines

Actu, Tendances

19 octobre 2015 at 14 h 19 min

“Constituer un carrefour planétaire des innovations urbaines et faciliter les expérimentations et les démonstrateurs sur les territoires”. C’est l’objectif de la plateforme collaborative Urbanwiki, première du genre sur le sujet de la ville intelligente que lancera, en partenariat avec le Medde, le pôle de compétitivité Advancity le 4 décembre 2015, lors de la COP 21. Urbanwiki rassemblera dans un premier temps les savoirs, expériences et méthodes de 20 métropoles internationales relatifs à la gestion des services urbains, mais aussi à la construction et l’aménagement. Tous les acteurs de la ville pourront y avoir accès : entreprises, collectivités, aménageurs, etc.

S’appuyant à la fois sur des innovations urbaines réalisées dans les métropoles internationales mais aussi sur une analyse juridique “pointue”, “Urbanwiki” se veut plus précisément “producteur de savoirs sur de nouvelles formes de vie citoyenne intégrant les grands enjeux économiques, environnementaux et sociaux”. “L’enjeu est aussi de produire de nouvelles relations entre acteurs, notamment d’établir des liens inédits entre les entreprises offrant des technologies et services améliorant la vie en ville, les élus et les urbanistes, les citoyens et les chercheurs.”

TROIS RUBRIQUES

La première sera dédiée à la “gouvernance de la ville durable”. Selon Jean-Louis Marchand, le président d’Advancity, l’innovation urbaine nécessite “l’instauration d’une gouvernance transversale aux différents métiers et directions techniques [transport, gestion des déchets, de l’énergie, etc.]. Il s’agit aussi de coopérer avec les partenaires extérieurs – entreprises, usagers utilisateurs et citoyens – en les associant aux bons moments et sur les bons sujets pour favoriser l’innovation ouverte et décloisonner les approches”.

Deuxième rubrique : “stratégie d’innovation urbaine”. Une rubrique utile, selon Advancity, pour permettre d’identifier et quantifier les objectifs de performance globaux (logement, transport, services commerciaux, etc.) pour orienter collectivement les efforts vers un résultat à atteindre.

Enfin, la troisième rubrique sera consacrée à “l’organisation et [au] management de l’innovation” car cette dernière implique d’imaginer de nouvelles fonctions au sein des organigrammes et de nouvelles offres de service aux entreprises.

La plateforme collaborative sera utilisée dès la prochaine réunion du Metrolab de la banque mondiale (laboratoire mondial consacré à la planification stratégique métropolitaine) qui se tiendra à Rio (du 16 au 19 novembre 2015) pour agréger les expériences en matière d’innovation et de planification urbaines de plus de 20 métropoles : Accra (Ghana), Amsterdam (Pays-Bas), Le Caire (Égypte), Casablanca (Maroc), Dakar (Sénégal), Dar es Salam (Tanzanie), Guadalajara (Mexique), Karachi (Pakistan), Kisumu (Kenya), Maharashtra et Mumbai (Inde), Nairobi (Kenya), New York (États-Unis), Panama city (Panama), Paris et sa région, Rio de Janeiro (Brésil), Riyad (Arabie Saoudite), Séoul (Corée du sud) et Surabaya (Indonésie).

Les Créatifs Culturels et le territoire

Tendances, Territoires et Villes

23 septembre 2015 at 16 h 47 min

Article rédigé de Yohan Gaillard

A la grande surprise du sociologue américain Paul H. Ray et de la psychologue américaine Sherry Anderson, leur enquête effectuée en 2000 auprès de 100 000 personnes a mis en évidence que 25 % de la population américaine n’étaient ni traditionnalistes, ni modernistes. Aujourd’hui, Ils seraient plus de 35% tandis qu’en France, une enquête similaire menée en 2006 estime qu’ils représentent environ 20% de la population.

Contrairement aux bobos ou à la génération des Millénaires aux caractéristiques sociologiques bien définies, ils ne peuvent être caractérisés par un âge, un sexe, une profession ou une origine géographique. Nous, vous, toi, moi pouvons en être à moins que le soyons déjà.

Mais qui sont-ils ? Dans « Les clés du Futur », Jean Staune estime qu’ils portent l’émergence d’une troisième voie : le « transmodernisme » et résume leurs valeurs en 5 points :

  1. Le développement personnel et spirituel : donner un sens à sa vie et avoir une morale en dehors de tout dogmatisme ;
  2. Le respect de la nature : respecter sa santé et son environnement ;
  3. Le respect de l’autre : s’ouvrir à la différence ;
  4. L’insatisfaction envers les experts de tous ordres : remettre en cause ce qu’on nous dit ;
  5. La recherche de la cohérence personnelle et d’authenticité : respecter les principes que je me suis fixé.

Ces personnes qui représentent un tiers de la population occidentale et japonaise sont les Créatifs Culturels, un terme qui selon Paul Ray et Sherry Anderson rend compte que « d’innovation en innovation, ils sont en train de créer une nouvelle culture du XXIeme siècle ».

Si Jean Staune décrit parfaitement la société et l’économie qu’ils sont en train d’inventer, il ne précise pas comment ils influencent l’aménagement du territoire. Mais avant de dessiner les grandes lignes du territoire qui répondraient aux valeurs des Créatifs Culturels, il est nécessaire de préciser les territoires auxquelles peuvent se référer les traditionnalistes et les modernistes :

  • Le territoire du traditionnaliste est marqué par des habitudes culturelles et religieuses fortes : l’église, l’école et le champ sont les places fortes du village. Sa gouvernance très localisée, repose sur trois têtes : le maire, l’instituteur et le curé ;
  • Le territoire du moderniste est plus vaste et vise son propre développement personnel en vue de sa « réussite sociale ». La place forte est le centre commercial tandis que la gouvernance s’appuie par un système représentatif pyramidale s’appuyant sur les gouvernants et les experts.

Ce passage d’un état territorial à l’autre, si bien décrit par Jean-Pierre le Goff dans « la fin du village », a eu des conséquences plus ou moins heureuses sur la société et l’environnement. Alors, quelle sera la prochaine révolution territoriale ?

Le territoire des Créatifs Culturels, à la fois individualistes et ouverts sur le monde, aux valeurs éthiques et respectueuses de l’environnement, pourrait s’appuyer non plus sur une gouvernance représentative mais sur une gouvernance populaire de type démocratie athénienne, les femmes en plus ! La place forte de ce territoire serait un lieu de partage où les personnes pourraient apprendre, créer et produire pour soi et pour les autres, en lien avec le monde : il s’agirait probablement des hackespaces souvent appelés fablabs en France même si ce terme est réducteur.

Si les hackerspaces émergent partout en France et dans le monde, d’autres marqueurs liés aux Créatifs Culturels influencent le territoire actuel et son aménagement : les AMAPs, la cueillette à la ferme, le commerce équitable, les produits labélisés, le développement des superettes et le déclin des hypermarchés, l’autopartage, le covoiturage, les vélos libres services, la deuxième vie des objets, l’économie circulaire, le financement participatif, la production de sa propre énergie, l’installation de spécialistes de la médecine douce, …

La liste est encore longue et dessine un territoire individualisé où l’habitant est à la fois gouvernant, expert, consommateur et producteur mais également, intégré dans le réseau mondial puisque ses habitants sont dépendants des autres dans les décisions, la connaissance, la commercialisation et la production (La Démocratie participative, Wikipedia, LeBonCoin et l’OpenSource en sont des exemples concrets).

Finalement, le Créatif Culturel ne vivra pas dans le village ou dans la ville mais dans la métropole, à la fois locale et globale. Elle constitue sans doute l’échelon clés de cette troisième révolution territoriale sur laquellle, nous, environnementalistes et urbanistes seront amenés à travailler non plus comme experts mais comme facilitateurs d’idées et de projets.

Pratiques interstitielles dans les villes contemporaines: de quoi parle-t-on ? 1/3

Tendances, Territoires et Villes

16 septembre 2015 at 7 h 44 min

Article rédigé par Quentin Roux

Tant que l’évolutivité des nouveaux bâtiments ne sera pas prise en compte, l’apparition de friches est inéluctable.

Au même titre que les déchets générés par nos sociétés, l’urbanisation produit des espaces abandonnés dont personne ne veut : ils seront nommés ici les interstices.

L’interstice est un terme complexe à caractériser, il est « ce qui se tient entre ». Pour être plus précis, ce sont des terrains abandonnés par le développement urbain, « les restes d’un découpage qui ne tombe pas juste » (P. Desgeorges & A.Nochy). Ils sont la résultante de l’évolution des villes, du morcellement des sols, des excès d’urbanisation. L’interstice découle d’un processus complexe dans lequel des temporalités et des logiques multiples interagissent. « Entre l’histoire longue de l’urbanisation marquée par la mainmise de l’Etat depuis 1950 puis par son désengagement, l’histoire, encore plus longue, de la mutation économique post-industrielle, et celle, plus courte, des crises immobilières, les sols urbains ont été soumis à des tensions de forces et de directions inégales » (R.Paris). Les sociologues Hélène & Marc Hatzfeld et Nadja Ringart complètent la définition en ajoutant un deuxième aspect à l’interstice : il devient non plus un simple espace propice à l’émergence de certains phénomènes, mais bien un « analyseur » des problèmes d’adaptabilité des formes d’emploi actuelles aux transformations économiques et sociales, analyseur des réponses qui sont produites aux marges de la ville. Pour qu’il y ait interstice, il faut qu’il ait frontière, une coupure entre l’espace vivant et l’interstice agonisant.

La  ville contemporaine quant à elle déchaîne les passions mais ne laisse personne indifférent. Elle a été brillamment définie par Feu Bernardo Secchi : « Discontinue, dispersée, fragmentaire, hétérogène, dépourvue de règles facilement reconnaissables, marquée par un mélange d’activités et de sujets les plus disparates, par la présence de formes et techniques qui appartiennent à différentes époques, la ville contemporaine et surtout la grande ville résulte des tendances qui ont traversées les deux derniers siècles».

Quels points communs entre les délaissés des grands ensembles, la friche industrielle ou les lanières enherbées des infrastructures de transport ? Peu au regard du droit du sol ou du statut de propriété. Peu aussi au regard de l’usage qui l’attend ou qui lui avait été attribuée avant. Mais, incontestablement, ils ont en commun une sous-utilisation et un délaissement, écho d’une crise ou d’un changement sociétal brutal.

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De Rennes à New York, la multiplicité des interstices urbains permet d’envisager une diversité des formes de reconquête : culturel, sociale, économique, environnementale…

La cause première de l’interstice est économique, puisque c’est l’absence de revenus tirés de cet espace qui conduit à son inutilisation. Ainsi, nous pourrions affirmer que l’interstice n’a aucune valeur. Pourtant, si l’on se risque à aller plus loin que cette vision technocrate, on s’aperçoit que le délaissé n’a pas qu’une valeur pécuniaire. Ainsi, il est paraît logique d’intégrer à l’équation les valeurs sociales, symboliques et environnementales.

Nous pourrions inverser le constat : parce que l’interstice est non rentable, parce qu’il ne vaut rien, il faut l’extraire de ce cycle et lui donner une autre rentabilité sociale, symbolique, environnementale, laquelle restaurera naturellement son utilité économique.

L’espace délaissé par les sociétés n’est pas oublié pour tous, son abandon l’ouvre à la reconquête. Ainsi, depuis plusieurs années, les initiatives en faveur de la réappropriation de ses interstices se multiplient et donnent à réfléchir quant à l’émergence de nouveaux besoins des populations des villes contemporaines, en quête de nouvelles pratiques.

Le manque de données quantitatives fiables explique les difficultés récurrentes à définir précisément les interstices. Ils appartiennent à des registres statistiques différents, recensés par des organismes variés dans des buts distincts. De nombreux praticiens qualifient les interstices en proposant leurs propres définitions, en inventant leurs propres termes Friches, dents-creuses, squats, espaces cachés, chutes urbaines, jachères, espaces résiduels, no man’s land, interstices, espaces de rupture, délaissés, recoins, les bords, terrains vagues, espaces intermédiaires, tiers-paysage, non-lieu, junkspace, zones blanches, expérience interstitielle, hors-lieux, espaces d’incertitude, entre-deux, territoires du vide, fractions incertaines, espace sans définition, vides programmés, vides structurants, espaces secondaires …

Finalement, la diversité des termes présentés correspond bien à l’infinie variété des situations interstitielles. Néanmoins on peut s’interroger sur les raisons de leur mise à l’écart, comme un arrêt sur image sur lequel les évolutions des villes ont peu d’emprise.

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Le chapitre 2 sera consacré à la compréhension des processus et mécanismes à l’origine des interstices urbains dans les villes contemporaines.

VILL’ARTS – Villissima !!! Des artistes et des villes

Tendances

21 juillet 2015 at 16 h 39 min

Article proposé par Thomas David.

Hôtel des arts TOULON – 4 juillet au 27 septembre 2015

La ville : comment les artistes contemporains la voient, l’envisagent, la ressentent, l’imaginent… C’est cette question que creuse l’Hôtel des Arts avec l’exposition Villissima !!! Des artistes et des villes.

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L’Hôtel des Arts de Toulon propose, avec cette exposition d’art contemporain collective, un regard ludique et décalé sur la ville, ou plutôt sur ses représentations les plus diverses.

Quatre pistes artistiques sont présentes lors de cette exposition :

    • Une opposition entre démesure et miniature de la ville (Bigness City, ville-monde, mégalopole, expansion ou mitage suburbain…) et réduction ou miniaturisation (réduction d’échelle, simplification de la cité)
    • Une ville « à la main » ou « ville fait main » par le dessin, aussi importante que la ville numérique (ville connectée, réalité augmentée, smart city…). La ville n’est pas seulement faite d’ordinateurs, de programmes et de robots, elle est aussi peuplée d’hommes et de femmes qui ne vivent pas pour autant une « réalité diminuée ».
    • L’écriture au cœur de la ville ou la « littérature urbaine » (roman, poésie, essais…), axé sur l’imaginaire des mots, naissance de la ville babylonienne à la noirceur des polars modernes new-yorkais.
    • Et pour finir des écrans dans la ville, focus visuel et espace de projection (orientation, publicités, actualités…). Alors qu’un paysage peut s’appréhender dans sa globalité, la ville ne peut se percevoir d’un coup. Toute ville procède par occultation, trop-plein, goût du secret.

Omniprésente, la ville est pourtant mal connue, mal vue, peu regardée. Lieu de tous les rejets, accablée de bien des maux (politiques, économiques, écologiques, psychologiques…), la ville est présentée ici comme une réalité complexe mais décomplexée, voire jouissive. Même la réalité la plus sombre peut devenir source d’étonnement et d’émotion.

La ville des médicaments, 2003 – B I. Kingelez

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