Les 20 ans de Citadia à l’honneur avec un concert des NAÏVE NEW BEATERS

Actu, Inside CITADIA

16 mai 2017 at 19 h 05 min

Pour fêter ses 20 ans, la société Citadia, acteur majeur de l’urbanisme en France dont le siège est à Toulon, organise un grand concert gratuit et ouvert à tous le jeudi 8 juin place de l’Equerre à 21h à Toulon avec le groupe Naive New Beaters.

1997 – 2017 : une célébration
En 1997, Julien Meyrignac créé CITADIA pour faire de l’urbanisme autrement. Développer une « intelligence », capable d’appréhender à la fois l’humain et le territorial, et de faire sens commun.

Depuis 20 ans, l’engagement de CITADIA pour une ville intelligente, partagée, durable et fédératrice guide notre démarche. CITADIA a ainsi organisé cet événement avec tous les acteurs qui ont participé au développement de CITADIA ces 20 dernières années : ses clients, ses partenaires et les citoyens dont les usages et les besoins sont au coeur de ses préoccupations.

 

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Un lieu symbolique
L’événement est organisé place de l’Equerre à Toulon (83), lieu symbolique incarnant le renouveau du centre ancien de la ville. Sa rénovation, conçue par Julien Meyrignac et Violette Marlinge du groupe CITADIA, marque la dynamique de reconquête du coeur historique de la Ville. Elle accueille désormais le Petit Chicago (restaurant jazz), le Twiggy Café, le bar Street, le bar El Paso, Xerri Cheri (épicerie Basque),  accueillera bientôt une micro crèche, un hôtel…

Après un week-end plus que réussi pour l’inauguration de la rue des arts le 12 mai dernier (90 000 personnes), la place rayonne comme elle ne l’a jamais fait et devient ainsi le rendez-vous de la culture toulonnaise. C’est seulement en juin 2016 que la place de l’Equerre a été rendue aux toulonnais. « Rappelons-nous comment c’était, avant : un trou où s’entassaient les détritus derrière des palissades ! Aujourd’hui, nous nous retrouvons sur un grand espace (3 400 m2), ouvert, éclairé, agréable, au coeur d’un coeur historique qui recommence à battre » Hubert Falco.

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Naïve New Beaters, Toulon « à la folie »
Avant de faire danser Barcelone au Primavera Sound Festival, Naïve New Beaters fera danser les toulonnais. Le groupe, en tournée pour son dernier album « à la folie », aux pseudonymes Eurobelix, Martin Luther BB King et Davig Boring proposent une musique déjantée, rythmée, festive depuis une dizaine d’années. Ils ont conquis tous les festivals rock mais aussi l’Olympia en mars dernier en proposant une allure de slackers à coup d’humour et de rythmes bien sentis. Afin de tracer ensemble les lignes sensuelles et puissantes de leur nouvel album dans un souffle nouveau, ils ont changé d’entourage, de label et même de méthode de travail pour se donner des ailes. A  ’issue de cette aventure, ils s’exclament : « A la Folie est un projet commun qui nous a permis d’avancer et de grandir ensemble (…) on l’a fait librement sans penser au qu’en dira-t-on. C’était libérateur ! ».

 

 

 

 

#Presse – Neuilly Notre Ville – Présentation du projet de la ZAC A103 Nord de Neuilly-sur-Marne (93)

Actu, Projets

12 janvier 2017 at 9 h 06 min

Le mensuel d’information de Neuilly-sur-Marne de janvier 2017 présente, dans une double-page, les premiers éléments de programmation du projet de la ZAC A103 Nord, une étude réalisée par le groupement Citadia Conseil / Even Conseil / OGI / Biodiversita.

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Benoist Apparu et Julien Meyrignac présentent l’étude Réinventer le centre-ville de Châlons-en-Champagne au Forum des Projets Urbains le 15 novembre 2016

Nous y étions, Territoires et Villes

11 octobre 2016 at 16 h 32 min

Mardi 15 novembre 2016 à 10h, salle 243 du Palais des Congrès de Paris, Benoist Apparu, député Maire de Châlons-en-Champagne (51) et Julien Meyrignac, gérant fondateur du groupe CITADIA, présenteront l’étude [Ré]inventer le centre-ville de Châlons-en-Champagne.

Benoist Apparu et Julien Meyrignac présenteront l’étude 360° réalisée et le plan d’action hypercontextuel qui en découle pour répondre à la crise que connait le centre-ville de Châlons. Retour sur une méthode originale, une concertation innovante, un Hackathon d’urbanisme et un plan d’action percutant !

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CITADIA : le jeu vidéo de l’été

Actu, Inside CITADIA, Nous y étions

29 juillet 2016 at 13 h 17 min

Pour célébrer l’été et se détendre au bord de la piscine nous vous proposons un petit challenge vidéoludique : cliquez sur l’image ci-dessous pour télécharger le jeu vidéo CITADIA Find my Ref. Pas besoin de l’installer : décompressez le fichier Rar (téléchargez installez gratuitement WinRar ici ci n’est pas déjà fait) puis double cliquez sur Citadia Find My Reff.exe. Le jeu se lance et vous pouvez partir à la recherche des dernières références du groupe dans les rues de Toulon ! Attention : des ennemis vont essayer de vous barrer la route !!

Toute l’équipe de Citadia vous souhaite un excellent été.

Cliquez sur l’image pour télécharger le jeu :

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Evaluations environnementales: Even Conseil intervient au colloque national AgroPariTech

Nous y étions

19 juillet 2016 at 6 h 08 min

Les 5 et 6 septembre prochain, à Paris, Even Conseil interviendra à une table ronde lors  d’un séminaire national de réflexion organisé par AgroParisTech sur les démarches d’évaluation environnementale animé par un collectif d’experts, spécialistes et praticiens du secteur public et privé.

L’objectif est de partager les expériences et croiser les regards en vue de replacer l’évaluation environnementale dans son rôle de charnière entre l’expertise technique et l’aide à la décision, au service de la performance et la qualité des projets, plans et programmes.

Vous trouverez ci-dessous le programme du séminaire (cliquez sur l’image ci dessous pour le télécharger). Le site Internet sera fonctionnel d’ici quelques jours.

L’inscription est ouverte à tous : https://www.inscription-facile.com/form/hNb7j7mexsItXoS25bxl

Au plaisir de vous y croiser.

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Patrimoine et planification urbaine

Actu

13 mai 2016 at 14 h 44 min

Article rédigé par Anne Matysen

Alors que la loi dite « CAP –  Liberté de création, architecture et patrimoine » devrait être définitivement votée dans les prochaines semaines,  Citadia fait le bilan de ses interventions de planification (PLU) auprès de nombreuses communes françaises à la richesse indéniablement réputée. Un savoir-faire particulier au croisement des compétences du groupe.

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Blois, Beaune, Carcassonne, Quimper, Cahors, Arles, Uzès, Barbizon, Saint Paul de Vence, Aurillac, Noirmoutier, Vannes, La Roque d’Anthéron, Bergerac… point commun aisément reconnaissable …. Celui  de la présence avérée dans ces villes d’un « patrimoine » incontestable et incontesté. En accompagnant depuis plusieurs années l’élaboration des PLU de ces territoires aux sites protégés évocateurs, Citadia a travaillé sur de nombreux cas de figure aux côté des élus, DRAC, ABF, experts patrimoniaux. En parallèle, et en interne, en associant une large palette de compétences mobilisables au sein du groupe – urbanistes, environnementalistes, paysagistes, architectes – le groupe apporte une approche intégrée et transversale, véritable capitalisation méthodologique et opérationnelle.

A l’instar de territoires disposant d’un PLU et d’un Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) autour desquels ont été proposées des règles d’urbanisme sur mesure (exemple d’Arles ci-après), de PLU avec ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager) ou AVAP (Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine) , de diagnostics, d’inventaire ou d’une approche patrimoniale « simple et suffisante » , l’intégration concomitante  de la vision paysagère, urbaine, architecturale, environnementale, a chaque fois, permis l’expression de recommandations ad hoc et personnalisées. Les évolutions réglementaires récentes en matière d’environnement, d’urbanisme et de patrimoine (voir ci-dessous) complexifient en effet la lecture et le traitement des secteurs à protéger et nécessitent pour les territoires d’avoir une vision à la fois vaste, experte et complémentaire des potentiels outils à proposer.

 

ARLES, patrimoniale à plus d’un titre

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La ville d’Arles recèle un patrimoine urbain, naturel et agricole exceptionnel, reconnu aujourd’hui notamment par son label au titre du patrimoine mondial de l’UNESCO. Au-delà du centre historique, Secteur Sauvegardé protégé par un PSMV, le PLU, en cours d’élaboration par Citadia, a pour ambition de mettre en œuvre les outils permettant de pérenniser et de valoriser la richesse patrimoniale d’Arles. Une Orientation d’Aménagement  et de Programmation spécifique dite « OAP Patrimoine », intimement liée à la Trame Verte Bleue et aux déplacements, a été conçue pour exprimer les orientations relatives à la composition urbaine et paysagère déclinées notamment pour les espaces « tampons » ceinturant le Secteur Sauvegardé, ou encore le Chemin de St Jacques de Compostelle. Un Cahier de recommandations architecturales, urbaines, paysagères, énergétiques et environnementales, accompagne ces documents comme guide visant à aider l’intégration de tout projet dans une logique respectueuse du territoire arlésien.

 

Petit patrimoine et nature ordinaire : un autre enjeu de la conservation au service de l’identité territoriale

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Nos réflexions constantes sur les problématiques de conservation patrimoniale, sous toutes ses formes, de l’échelle métropolitaine au contexte villageois, amènent Citadia à devenir force de proposition sur un autre enjeu fondamental : comment préserver ce qui ne tombe pas en périmètre protégé, comment prémunir des lieux et paysages parfois  « remarquables » et pourtant non reconnus par les servitudes ? Jusqu’à peu, l’effort de conservation s’était assez naturellement focalisé sur l’urgence de sauvegarder les espèces les plus menacées, les sites bâtis les plus fragiles. Or la solidarité écologique, la restauration des continuités vertes et bleues, la réconciliation entre activités humaines et biodiversité ou encore une prise de conscience de la valeur testimoniale d’une forme de patrimoine permettent de recentrer cette nature « ordinaire » et le patrimoine vernaculaire au cœur des questions ambitieuses de la conversation patrimoniale de demain. Et légitiment de les valoriser au cœur d’un projet d’aménagement. Questionner autrement l’identité d’un territoire, identifier un vocabulaire commun, reconnaitre et réglementer ces éléments aide, notamment à côté des outils réglementaires, à renforcer ce cadre de vie du quotidien.

 

Loi LCAP, premier décodage avant débat au Sénat

Adopté avec modifications par l’Assemblée Nationale  en deuxième lecture et transmis au Sénat le 23 mars 2016,  le projet de loi LCAP, sera soumis à discussion en séance publique au Sénat  les 24 et 25 mai prochain.

A compter du 1er janvier 2018 les ZPPAUP, AVAP et secteurs sauvegardés devraient être remplacés par une appellation unique dite « sites patrimoniaux remarquables (SPR) » mais le « PLU patrimonial » initialement évoqué ne devrait pas voir le jour, laissant place à deux types d’outil de maitrise de l’architecture : le « Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur » (PSVM) sur tout ou partie du site protégé ; la création dans le code du patrimoine d’un « Plan de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine » (PVAP) dans les parties non couvertes par le PSMV et qui aurait valeur de servitude d’utilité publique (et annexé au PLU). Les règlements des AVAP et ZPPAUP continueront de produire leurs effets dans les SPR jusqu’à ce qu’ils soient substitués par les PVAP.

 

Prendre le temps de penser la planification urbaine…

Opinions

2 février 2016 at 18 h 35 min

Par Florence Guiter

En ville, la zone dite « calme »  est portée exclusivement par le Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement (carte d’exposition aux bruits) dans lequel des règles visent à maintenir un espace de bruit modéré. Or, le calme en ville se limiterait-il au seul critère sonore ?

Pour un(e) urbaniste c’est une vision très restreinte de ce qu’est ou devrait être le calme en ville. Réfléchissons… La définition de la notion de zone calme est en devenir. Encore cantonnée à une approche sectorielle de lutte contre le bruit en ville, elle représente une opportunité intéressante de réinterroger la planification urbaine et plus globalement la manière d’élaborer les documents d’urbanisme.

L’élasticité, l’ouverture voire l’imprécision de la définition actuelle de la zone calme laisse « tous les champs du possible ouverts » (CRETEIL 2008). Seule certitude, elle représente un objet du ressort de l’urbain puisqu’il s’agit d’un objet multifactoriel et multisensoriel à l’image de ce qui compose nos villes. Ainsi, la zone calme représente un potentiel d’innovation en matière d’urbanisme – rien n’étant « approuvé », galvaudé ou réglementé il y a encore de la place pour penser un urbanisme de qualité.

La notion de « calme en ville » émerge donc dans un contexte territorial (réglementaire, dogmatique, etc.) marqué par la densification urbaine a priori peu propice, voire contradictoire au calme en ville. « Le calme s’oppose à l’agitation et à la densité des hommes et des activités, symbole de ce qui fait l’urbanité » (CRETEIL 2008). Ainsi, le calme et la ville ne pourraient coexister voire même seraient fondamentalement antinomiques… Plusieurs études et sondages pointent également cet antagonisme et démontrent que la grande majorité des Français plébiscitent la maison individuelle non mitoyenne pour des raisons de « calme » et « d’intimité» (Sondage IFOP sur « le parcours résidentiel des Français »). Or, ce choix résidentiel est à l’origine, en partie, de l’étalement urbain, dynamique contraire à celle de la densification urbaine… en somme le calme est antinomique à la densification : CQFD.

Et pourtant… Adopter une position proactive du calme en ville reviendrait à placer le bien-être des habitants au cœur des processus d’élaboration des documents d’urbanisme… Place aux critères qualitatifs, exit les objectifs quantitatifs qui captent toutes les attentions… oublié le temps perdu à justifier la prise en compte d’obligations réglementaires qui n’ont de cesse d’être réinventés (lois ALUR, LAAF, Macron…).

Replacer le bien-être des habitants au cœur de la planification urbaine… oui mais comment ?

  • En démontrant que bien-être et impératif de densité peuvent cohabiter, se valoriser, fusionner au service de la ville dite durable ?
  • En élargissant les horizons professionnels de la planification territoriale ? (Sociologue, psychologue, designer urbain, etc. ?)
  • En sortant des sentiers souvent trop réglementés des procédures d’urbanisme ?
  • En redéfinissant les critères de la planification urbaine ? (Parler avec les personnes publiques associées de bien-être, d’expérience sensible, de santé publique, de réseau de sociabilité ou encore de perception…).

Concertation

Exemple d’une opération de sensibilisation des habitants aux enjeux d’animation du centre-ville de Châlons-en-Champagne, source: Groupe Citadia

En bref, en introduisant en amont de nos réflexions les conséquences d’un certain « mal-être » ressenti en ville et en campagne par les élus comme les citoyens, en particulier en raison de ces impérieux objectifs de densification (anticiper… ce n’est pas l’essence même de la planification urbaine? On tourne en rond).

Ainsi, l’urbaniste, l’élu, le technicien, l’habitant, … doit (prendre le temps de) chercher (et si possible mettre en application) des concepts innovants, de nouveaux indicateurs qualitatifs (et quantitatifs) en mesure d’accompagner la densification et autres impératifs de la planification urbaine et surtout d’en faciliter l’acceptabilité sociale des citadins… sacré défi !

#Presse – CITADIA & Tool On dans le Journal des entreprises

Tendances, Territoires et Villes

13 janvier 2016 at 12 h 48 min

Le journal des entreprises de janvier 2016, édition Provence Côte d’Azur, dédie une page au groupe CITADIA et à l’initiative de la marque Tool On lancée sur la ville de Toulon par Aire Publique, filiale communication et concertation publique du groupe CITADIA et TVT Innovation (dont vous pouvez suivre l’actualité ici : www.toolon.fr) :

Cliquez sur l’image pour zoomer

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Risques naturels majeurs et urbanisme : vers une application du standard des villes résilientes

Actu, Territoires et Villes

27 novembre 2015 at 19 h 57 min

Le 3 octobre 2015, le département des Alpes-Maritimes et particulièrement la région cannoise, a été durement touché par des crues torrentielles dues à des précipitations records.

Innondations boulevard du Riou, Cannes. Le 3 octobre 2015

Les problématiques liées à l’écoulement des eaux pluviales sont inhérentes aux secteurs urbanisés dans les zones méditerranéennes. Des outils existent pour renforcer les capacités de résistance à ces événements climatiques majeurs. Ainsi, les Schémas de Gestion des Eaux Pluviales permettent l’adaptation et la prise en compte des écoulements des eaux dans l’aménagement des villes de demain.

Cependant, plus que l’adaptation  l’heure est à l’anticipation face à ces phénomènes extrêmes. Pour éviter que des événements climatiques comparables aient des conséquences aussi fortes la résilience des territoires face aux risques connus ou en devenir est désormais une thématique majeure de l’aménagement durable des territoires.

Des solutions viables et innovantes pour les territoires doivent être développées dans la planification urbaine (par exemple renforcer les espaces de nature en ville, limiter l’imperméabilisation/l’artificialisation des sols notamment dans les zones collinaires …), par la mise en place d’aménagements techniques (infiltration à la parcelle, gestion des vallons, noues paysagères, tranchées drainantes …) ou grâce à l’information et la sensibilisation à l’échelle locale (renforcer la culture du risque, retrouver la mémoire des vallons ….).

Even Conseil s’attache particulièrement, dans ses études environnementales, à prendre en compte ses sujets. Les futurs PLU de CITADIA s’engagent à appliquer localement le standard des villes résilientes mondiales qui ont adapté leur mode de vie face à l’éventualité de risques naturels majeurs.

L’ensemble des Citadiens et particulièrement l’agence Méditerranée tient à témoigner de son soutien et sa solidarité envers les populations et les villes touchées, qui travaillent encore à réparer les plaies causées par ces événements climatiques exceptionnels

Delphine BELLET

Pratiques interstitielles dans les villes contemporaines: Quand la ville crée ses vides urbains 2/3

Actu, Territoires et Villes

6 novembre 2015 at 18 h 40 min

Article rédigé par Quentin Roux

Changements d’usages, mutations des espaces urbains, reconversion de bâtiments … le tissu urbain est en constante évolution. Des interstices y apparaissent et disparaissent, des bâtiments sont détruits ou abandonnés, alors que d’autres naissent. La fonction attribuée initialement aux constructions ou aux espaces tombe en désuétude, et de nouveaux usages émergents, tel un cycle.

Or à l’échelle de temps des villes, les bâtiments sont éphémères. « Je pense que rien n’est jamais pérenne, il s’agit d’une vision d’architecte que de croire que l’on construit pour l’éternité » (P.Bouchain).

La ville contemporaine influe sur sa morphologie urbaine telle une machine à produire des vides, des espaces libres de tout usage, comme abandonnés à leur sort. Pourtant, leur présence interroge les processus qui les ont fabriqués. La production interstitielle résulte ainsi d’un triple mécanisme : d’une part, du processus d’évolution des sociétés urbaines et des systèmes de production qui sont régis par des dynamiques économiques, sociales et spatiales. D’autre part, par les choix d’urbanisation qui favorisent, depuis plusieurs décennies, le morcellement de la ville par l’implantation d’infrastructures routières et la production de nouvelles formes bâties. Et pour finir, la réglementation, qui détient une part non négligeable dans la production de ces espaces résiduels.

La désindustrialisation et les crises, un des premiers facteurs de création de vides urbains

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Les XIXe et XXe siècles voient apparaître, à la périphérie des villes, des groupes industriels, des casernes, des manufactures destinées à la production de masse, au commerce et à la défense du territoire. Au fur et à mesure des décennies, les villes s’étendent et englobent peu à peu ces activités lourdes, qui se retrouvent souvent entourées par l’urbanisation et les quartiers nouveaux des villes.

Les années 1970 marquent également le début d’un bouleversement : une recomposition du système productif est engagée et, avec elle la fermeture et le déménagement d’entreprises et de manufactures.

Entre 1980 et 2007, l’industrie française perd 36% de ses effectifs, soit 1,9 millions d’emplois, laissant place à des millions d’hectares de friches industrielles polluées, une profusion de bâtiments abandonnés, fantômes du passé prospère des Trente Glorieuses.

Le processus d’apparition des friches industrielles correspond à une baisse d’intérêt sociétal et de rentabilité économique dans les anciennes régions industrialisées des secteurs de production, au profit du tertiaire. Les collectivités publiques se questionnent sur les éventuelles mutations de ces espaces, mais se heurtent à des coûts de dépollution faramineux et à un marché ne pouvant plus en absorber le surnombre.

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Les délaissés des aménagements et de l’urbanisation

Une grande partie des vides constatés naissent de l’entrecroisement de trois structures géométriquement différentes :

  • Les projets d’aménagement contemporains, généralement auréolaires,
  • La trame agricole, le plus souvent géométrique,
  • La voie rapide avec ses grands rayons de courbure, découpant le territoire tel lame, faisant fi de toute réalité territoriale.

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Afin de gérer leurs territoires, les collectivités élaborent des stratégies urbaines capables de répondre aux besoins de leurs habitants. Cependant, une fois appliquée sur un terrain, celles-ci génèrent des délaissés d’aménagement ayant des origines bien précises.

Tout d’abord, les infrastructures routières, qui sont à l’origine des délaissés de voiries, liés aux marges de recul imposées par les normes nationales ou européennes. Sur ces voies rapides, les voitures traversent les paysages et les territoires à vitesse constante, sans souci de toute contrainte spatiale. Cette prouesse (il faut l’avouer) n’est possible que par la construction de nombreux ouvrages techniques (ouvrages d’art, échangeurs, …) qui génèrent en conséquence, de nombreux espaces interstitiels : accotements, fossés, terrassements, dépendances vertes, voies abandonnées, …

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« L’infrastructure routière est un ouvrage d’une perfection propre si l’on considère la constance de ses caractéristiques géométriques et la qualité de réalisation de sa chaussée. Ce caractère parfait fait ressortir d’autant plus les malfaçons qu’elle engendre, particulièrement sur les premiers plans : terrassements bruts par rapport à la morphologie du site, difficultés de cicatrisation végétale, ouvertures de carrières, création d’aires de fabrication, délaissés routiers non traités » (CETE Ouest).

Cette relative perfection, relevant plutôt de l’optimisation autoroutière, laisse derrière elle un grand nombre de lambeaux de terres, parsemant ainsi les bords des voies. Cette rupture dans les territoires forme néanmoins des continuums écologiques par le biais des haies végétales anti-bruit des abords d’autoroutes. Elles permettent la mise en place d’écosystèmes aux chaînes trophiques adaptées aux conditions spécifiques proposées par ces infrastructures.

L’urbanisation contemporaine favorise également le vide dans les villes, à la fois par les choix de constructions extensives, sous la forme de zones pavillonnaires, mais aussi par les collectifs modernes, qui ont bouleversé la morphologie traditionnelle de nombreuses villes. Dans les centres villes et les quartiers faubouriens, les constructions se caractérisent par un front bâti situé en limite de parcelle. Cette continuité imposée par les formes traditionnelles est ponctuellement rompue par des bâtiments plus modernes. Généralement plus hauts, leurs fronts bâti laissent place à des espaces d’agréments dégradés, rarement pratiqués par les résidents. Ces principes d’aménagement reprennent les idées développées par le mouvement fonctionnaliste et la charte d’Athènes, en privilégiant la hauteur de bâtiments géométriques pour dégager l’espace au sol, en rupture totale avec les morphologies du passé.

« Celui qui préfère faire table rase du passé plutôt que le transmettre est celui qui a fait une faute. Le criminel essaie d’effacer toute trace de son forfait et ne veut surtout pas qu’on le retrouve. Cette attitude est problématique sur le plan de l’histoire de la ville car on détruit, on élimine au lieu de considérer que tout peut servir, se recycler et se transformer » (P.Bouchain).

Partant d’une idée ingénieuse, ces espaces sont souvent peu utiles pour les habitants du collectif et du quartier. Ils deviennent ainsi des espaces d’ornements intouchables, des espaces stérilisés.

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Le chapitre 1 est consultable ici

Le chapitre 3 sera consacré à la réappropriation des interstices urbains et aux nouveaux usages sociaux-environnementaux