Prendre le temps de penser la planification urbaine…

2, février, 2016|

Par Florence Guiter

En ville, la zone dite « calme »  est portée exclusivement par le Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement (carte d’exposition aux bruits) dans lequel des règles visent à maintenir un espace de bruit modéré. Or, le calme en ville se limiterait-il au seul critère sonore ?

Pour un(e) urbaniste c’est une vision très restreinte de ce qu’est ou devrait être le calme en ville. Réfléchissons… La définition de la notion de zone calme est en devenir. Encore cantonnée à une approche sectorielle de lutte contre le bruit en ville, elle représente une opportunité intéressante de réinterroger la planification urbaine et plus globalement la manière d’élaborer les documents d’urbanisme.

L’élasticité, l’ouverture voire l’imprécision de la définition actuelle de la zone calme laisse « tous les champs du possible ouverts » (CRETEIL 2008). Seule certitude, elle représente un objet du ressort de l’urbain puisqu’il s’agit d’un objet multifactoriel et multisensoriel à l’image de ce qui compose nos villes. Ainsi, la zone calme représente un potentiel d’innovation en matière d’urbanisme – rien n’étant « approuvé », galvaudé ou réglementé il y a encore de la place pour penser un urbanisme de qualité.

La notion de « calme en ville » émerge donc dans un contexte territorial (réglementaire, dogmatique, etc.) marqué par la densification urbaine a priori peu propice, voire contradictoire au calme en ville. « Le calme s’oppose à l’agitation et à la densité des hommes et des activités, symbole de ce qui fait l’urbanité » (CRETEIL 2008). Ainsi, le calme et la ville ne pourraient coexister voire même seraient fondamentalement antinomiques… Plusieurs études et sondages pointent également cet antagonisme et démontrent que la grande majorité des Français plébiscitent la maison individuelle non mitoyenne pour des raisons de « calme » et « d’intimité» (Sondage IFOP sur « le parcours résidentiel des Français »). Or, ce choix résidentiel est à l’origine, en partie, de l’étalement urbain, dynamique contraire à celle de la densification urbaine… en somme le calme est antinomique à la densification : CQFD.

Et pourtant… Adopter une position proactive du calme en ville reviendrait à placer le bien-être des habitants au cœur des processus d’élaboration des documents d’urbanisme… Place aux critères qualitatifs, exit les objectifs quantitatifs qui captent toutes les attentions… oublié le temps perdu à justifier la prise en compte d’obligations réglementaires qui n’ont de cesse d’être réinventés (lois ALUR, LAAF, Macron…).

Replacer le bien-être des habitants au cœur de la planification urbaine… oui mais comment ?

  • En démontrant que bien-être et impératif de densité peuvent cohabiter, se valoriser, fusionner au service de la ville dite durable ?
  • En élargissant les horizons professionnels de la planification territoriale ? (Sociologue, psychologue, designer urbain, etc. ?)
  • En sortant des sentiers souvent trop réglementés des procédures d’urbanisme ?
  • En redéfinissant les critères de la planification urbaine ? (Parler avec les personnes publiques associées de bien-être, d’expérience sensible, de santé publique, de réseau de sociabilité ou encore de perception…).

Concertation

Exemple d’une opération de sensibilisation des habitants aux enjeux d’animation du centre-ville de Châlons-en-Champagne, source: Groupe Citadia

En bref, en introduisant en amont de nos réflexions les conséquences d’un certain « mal-être » ressenti en ville et en campagne par les élus comme les citoyens, en particulier en raison de ces impérieux objectifs de densification (anticiper… ce n’est pas l’essence même de la planification urbaine? On tourne en rond).

Ainsi, l’urbaniste, l’élu, le technicien, l’habitant, … doit (prendre le temps de) chercher (et si possible mettre en application) des concepts innovants, de nouveaux indicateurs qualitatifs (et quantitatifs) en mesure d’accompagner la densification et autres impératifs de la planification urbaine et surtout d’en faciliter l’acceptabilité sociale des citadins… sacré défi !

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– Élaboration de Plan Local d’Urbanisme intercommunal pour la Communauté d’agglomération de Quimperlé (29) – 16 communes ;

– Révision du Règlement Local de Publicité de Guérande ;

– Évaluation environnementale et Plan Climat-Air-Energie-Territoire de la ville de Noirmoutier (85) ;

– Élaboration du Plan Local d’Urbanisme intercommunal pour la Communauté de communes Villedieu Intercom (50) – 27 communes ;

– Élaboration du Plan Local d’Urbanisme intercommunal de la Communauté de communes Bassin de Joinville (52) – 59 communes ;

– Élaboration du Plan Local d’Urbanisme intercommunal et évaluation environnementale du territoire de Coutances, Mer et Bocage (50) – 64 communes ;

– Élaboration du Plan Local d’Urbanisme intercommunal Habitat et Déplacements de la Communauté d’agglomération Saint-Dizier, Der & Blaise (51 – 52) – 60 communes ;

– Élaboration du Plan Local d’Urbanisme Intercommunal et réalisation d’un inventaire des zones humides pour la Communauté de communes du Pays du Saintois (54) – 55 communes ;

– Élaboration du Règlement Local de Publicité de Grenoble-Alpes Métropole (38) – 49 communes ;

– Élaboration du Règlement Local de Publicité intercommunal pour le l’Etablissement Public Territorial Grand-Orly Seine Bièvre (94 – 91) – 24 communes ;

– Élaboration du Règlement Local de Publicité intercommunal pour l’Etablissement public Paris Ouest La Défense (92) – 11 communes ;

– Étude sur la vacance dans le département du Vaucluse pour le Direction Départementale des Territoires 84 ;

– Mission d’étude préalable portant sur les marchés de l’habitat à l’échelle de la Communauté de commune Sud Avesnois et de la ville de Fourmies (59) ;

– Étude sur l’environnement, les risques et la transition énergétique dans le cadre de l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme métropolitain pour Orléans Métropole (45) ;

– Évaluation environnementale et élaboration du Schéma de Cohérence Territorial pour le Syndicat Mixte Bresse Val de Saône dans l’Ain (01) – 4 communautés de communes, 40 communes ;

– Évaluation environnementale du Plan Local d’Urbanisme intercommunal d’Angers Loire Métropole (49) – 293 701 habitant

– Élaboration du Règlement Local de Publicité intercommunal de Vichy Communauté (03) – 39 communes ;

– Élaboration du Règlement Local de Publicité intercommunal du territoire de la métropole du Grand Nancy (54) – 20 communes

– Élaboration du Schéma de Cohérence Territoriale et du Plan Climat-Air Energie pour le Pôle d’Equilibre Territorial Rural de la Baie du Mont Saint-Michel ;

– Élaboration du Plan Local d’Urbanisme intercommunal pour la Communauté d’agglomération de Saint-Brieuc (22) – 32 communes

– Élaboration de deux Plans Locaux d’Urbanisme Intra-communautaires pour la Communauté d’agglomération du Cotentin (50)


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